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 Diplomatie de la fraternité dans les jardins du Vatican

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Julie

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MessageSujet: Diplomatie de la fraternité dans les jardins du Vatican   Sam 21 Juin - 18:21

Avec le patriarche de Constantinople, le pape François a réuni les présidents israélien et palestinien pour une rencontre inédite placée sous le signe d’une même fraternité.

8/6/14 - 16 H 38

Les jardins du Vatican : le lieu choisi se voulait neutre, à l'égard de toute religion. Mais il étalait le vert de l'espérance, dont a été emprunte l'« invocation pour la paix », titre officiel de l'initiative originale du pape François qui s’est déroulée ce 8 juin en début de soirée.

Elle répondait à l’invitation lancée par le pape le 25 mai dernier, depuis Bethléem au coeur de son pèlerinage en Terre sainte, aux présidents palestinien et israélien pour qu'ils le retrouvent dans « (sa) maison » afin de prier pour la paix dans leur région toujours en conflit. Deux semaines plus tard, les deux chefs d'Etat ennemis ont pris part à ce rendez-vous inédit.

SÉRÉNITÉ DU LIEU ET DE L’ATMOSPHÈRE
La paisible lumière romaine du soleil couchant à travers les feuillages, l'absence de tout vent, la douceur d'un début de soirée au seuil d'une chaude journée, toutes ont enveloppé l'atmosphère de la sérénité requise à la réussite d'une telle rencontre.

Celle-ci se définissait comme ni diplomatique, ni politique, mais d'abord religieuse. « Une pause en politique », avait défini le custode de Terre sainte, le franciscain Pierbattista Pizzaballa.

Pause méditative aussi, avec un accompagnement de musique non pas sacrée mais invitant à la réflexion, comme l'extrait de la 5ème symphonie de Mahler ouvrant la cérémonie, et à la délicatesse, comme les notes de harpe ou solos de violon entrecoupant les prières. Les musiciens provenaient des trois grandes religions monothéistes.

Chacune eût son temps de prière dédié, dans l'ordre expressément chronologique de leur apparition dans l'Histoire. Prière juive d'abord, par la lecture en hébreu de psaumes. Prière chrétienne, qui vit le patriarche Bartholomeos lire en anglais un extrait du livre d'Isaïe, puis le cardinal Peter Turkson, lire en italien une prière de « saint Jean-Paul II » avant un fameux cantique de saint François d'Assise, lu par une femme en arabe. Une transition pour la prière musulmane enfin, en arabe.

Trois prières distinctes mais suivant la même triple thématique : reconnaissance du même Créateur, imploration de son pardon et invocation de la paix. Trois prières, parfois sous forme de chants, prononcées face à un même public réunissant pour l'occasion des rabbins, dont l'ami et compatriote du pape, Abraham Skorka, des imams et de hautes personnalités de la région, comme le patriarche émérite de Jérusalem, Michel Sabbah.

Dans les rangs romains, on reconnaissait notamment les cardinaux Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Saint-Siège, Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et Roger Etchegaray, ancien artisan de la rencontre interreligieuse d’Assise en 1986.

ESPRIT D’ASSISE ET « CULTURE DE LA RENCONTRE »
A voir juifs, chrétiens et musulmans ensemble pour prier, il soufflait de fait un esprit d’Assise ce dimanche soir au Vatican. En choisissant de surcroît un soir de Pentecôte, fête de la diffusion de l’Esprit-Saint, la symbolique en était d’autant plus puissante pour les chrétiens.

La présence bienveillante de Bartholomeos donnait aussi une tonalité œcuménique à la rencontre, comme pour signifier que l’Eglise est consciente de ses propres manquements à l’unité.

L’esprit était surtout à cette « culture de la rencontre » si chère au pape François. A l’image des quatre protagonistes de la soirée – les deux présidents, le pape et le patriarche de Constantinople – embarquant ensemble à bord dans le même mini-bus depuis la « maison » du pape François, la résidence vaticane de Sainte-Marthe, pour gagner les jardins.

Assis les uns en face de l’autre, comme des amis, tous échangeaient sourires et même éclats de rire. Le pape les avait tous vus deux semaines avant en Terre sainte et encore avant chacun au Vatican.

Le point d’orgue de cette rencontre fut celle au sens propre entre les présidents Peres et Abbas se donnant une poignée de main sous le regard du pape François, avant d’aller planter ensemble un olivier dans le jardin.

« FRATERNITÉ »
Autant de gestes pour donner à voir de cette « fraternité » à laquelle le pape a consacré l’essentiel de son intervention. Le mot frères a traversé tout son texte, mettant en avant ce lien afin d’avoir « la force de persévérer dans le dialogue à tout prix ».

« Pour faire la paix, il faut du courage, bien plus que pour faire la guerre », a résumé le pape. Pour aussi « abattre les murs de l’inimitié », a aussi déclaré celui dont la prière devant le mur de sécurité israélien restera l’image la plus spectaculaire de son pèlerinage en Terre sainte.

Pour avoir ce courage, « nos seules forces ne suffisent pas », a poursuivi le pape, justifiant ainsi le « besoin de l’aide de Dieu » qu’a exprimé son initiative pour cette rencontre de deux heures. « La paix ne vient pas facilement », a aussi reconnu le président Peres, réclamant une « paix entre égaux » et la filiation de tous dans une même « famille humaine ».

« C’est dans notre pouvoir d’apporter la paix à nos enfants. C’est notre devoir, la sainte mission de parents », a conclu le chef de l’Etat hébreu s’apprêtant, à 90 ans, à achever son mandat. Dans son allocution, le président Abbas a insisté sur le rôle de Jérusalem comme ville pour les trois grandes religions monothéistes, citant le Coran, mais aussi l’évangile de Luc et « saint Jean-Paul II ».

Au terme des discours et des présentations des délégations respectives, le pape François et son « frère » Bartholomeos ont conduit les deux présidents dans l’enceinte de l’académie pontificale des sciences voisine des jardins, pour un bref huis clos à la nuit tombante.

Sébastien Maillard (à Rome)

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Priere-commune-au-Vatican-un-geste-inedit-mais-peu-d-effet-a-attendre-2014-06-08-1161888
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